Mon chien est-il dominant ou soumis?

Tout d’abord, il est essentiel de rappeler quelques points.

Toutes les théories de dominance/soumission ont initialement été élaborées en regard du comportement des loups. Or, le chien, bien qu’il puisse partager des liens avec le loup, se différencie de ce dernier, principalement en raison de sa domestication depuis des milliers d’années. Le chien est l’animal qui a co-évolué le plus intimement avec l’humain et avec lequel une collaboration s’est établie.

Les théories de dominance/soumission ont amené l’humain à croire qu’il devait imposer son rôle de chef de meute en employant la force, si nécessaire. Cela a amené l’utilisation de comportements/techniques inappropriés, injustes et parfois abusifs envers le chien.

Comment interpréter les concepts de dominance/soumission?

Le chien vit dans un système social qu’il doit partager avec les humains. Il est certes important de donner une structure à la relation que nous partageons avec le chien et d’établir les balises à respecter.

Dans un système social, les hiérarchies sont fluides, ce qui veut dire qu’un individu peut tantôt démontrer des attitudes de dominance et, à d’autres moments, des attitudes de soumission. Il faut interpréter les actions de l’individu en connaissant son langage et le contexte présent. Voici un exemple précis: votre chien joue avec un groupe de chiens, fonce sur eux, jappe, se promène la queue haute bref, à votre avis, il semble « dominant ». Or, en présence d’un autre chien, il devient beaucoup plus calme, a la queue plutôt basse, détourne le regard et va même jusqu’à se coucher au sol à l’arrivée de l’autre chien; votre chien semble « soumis ». Il serait probablement plus approprié de parler de postures hautes et basses, de signaux d’apaisement, de peur, etc… Certains chiens sont plus enclins à tenter de contrôles certaines ressources, telles un territoire, un individu, la nourriture, les jouets, etc… mais il faut TOUJOURS regarder l’ensemble du langage canin afin d’interpréter correctement les actions du chien.

Malheureusement, en donnant une étiquette de « dominance » à un chien, on croit avoir devant nous, un chien « fort », entêté. Or, cette analyse simpliste nous amène souvent à utiliser des méthodes de confrontation ou d’affirmation de sa supériorité suprême sur la race canine! Pourtant, derrière ces attitudes interprétées comme dominantes, nous retrouvons souvent des manifestations de peur, d’anxiété. L’utilisation de méthodes « fortes » ne fera qu’amplifier ces problèmes et augmentent très souvent la réactivité de l’animal voire l’agression.

Ne pensez qu’aux gens que vous connaissez. Qui aura le plus votre respect? La personne qui saura vous guider, tout en vous donnant des repères clairs pour obtenir une réussite, qui saura vous encourager et vous féliciter ou celle qui vous parlera d’un ton autoritaire, en prenant bien soin de souligner toutes vos erreurs, qui ne vous donnera aucun retour positif croyant simplement que votre travail est un devoir que vous devez accomplir parce qu’il vous paie pour cela!

Le chien a donné à l’homme une collaboration de tous les instants. Apprenons à le connaître et à le comprendre pour ce qu’Il est. Un chien n’est pas un humain et a son langage qui lui est propre. Ses actions ne peuvent toujours pas nous convenir alors il faut prendre le temps de lui enseigner les comportements qui sont acceptables dans notre système social. Le chien n’a pas besoin d’un tyran; il a besoin d’un guide, d’un compagnon qui saura lui donner une place de choix dans un système social équilibré et respectueux des besoins de chacun.